À la suite du départ de Nancy Kelley de son poste de PDG de Stonewall, la plus grande association caritative LGBTQ+ d’Europe, sa ou son successeur s’apprête à entreprendre un parcours difficile pour guider l’organisation à travers des temps turbulents. Alors que les droits LGBTQ+ et leurs défenseurs sont attaqués, la prochaine personne à la tête de l’organisation devra relever la tâche intimidante de défendre et de faire progresser cette cause. Kelley, qui a dirigé Stonewall pendant trois ans, a annoncé sa démission sans préciser la raison de son départ.

Tout en exprimant sa fierté pour les réalisations de Stonewall, Kelley a reconnu que le parcours n’avait pas toujours été de tout repos. L’association a fait l’objet d’attaques sans précédent dans la presse, souvent avec le soutien tacite de représentants du gouvernement. Néanmoins, elle a souligné le privilège d’avoir travaillé pour Stonewall.

Stonewall, connue pour son plaidoyer en faveur des droits LGBTQ+ au Royaume-Uni, a été confrontée à des défis importants ces dernières années. Qualifiée de « controversée » et même d’« extrémiste » pour sa position inclusive envers les personnes trans, l’organisation a vu plusieurs grandes entités se retirer de son programme d’inclusion en milieu de travail, Diversity Champions. Parmi celles qui ont rompu avec Stonewall figurent la BBC, le Cabinet Office, University College London et l’autorité de régulation de la radiodiffusion Ofcom.

En 2021, Stonewall s’est retrouvée à se défendre contre ce qu’elle a considéré comme une attaque coordonnée de la presse britannique. Des allégations ont été formulées selon lesquelles l’association aurait fourni des conseils « potentiellement illégaux » concernant la protection contre la discrimination des personnes trans en milieu de travail. Stonewall a toutefois rejeté ces accusations, soulignant que la légalité de ses orientations avait été confirmée lors d’une audience à la Haute Cour.

La ou le prochain PDG de Stonewall fera face à un paysage difficile, alors que les personnes trans au Royaume-Uni subissent des menaces croissantes contre leurs droits et leur bien-être. Les crimes haineux ont augmenté régulièrement, avec des cas de menaces de mort, d’abus et de manifestations visant des spectacles de drag. En outre, le gouvernement britannique actuel a montré sa résistance à un changement significatif pour la communauté queer et a adopté une rhétorique anti-trans. En conséquence, le pays a enregistré une baisse de son classement en matière de droits LGBTQ+.

La ou le prochain dirigeant de Stonewall devra s’attaquer à ces problèmes urgents. Il ou elle devra faire campagne pour une interdiction complète de la thérapie de conversion et plaider pour la reconnaissance des personnes non binaires sur les documents officiels. De plus, cette personne devra affronter la rhétorique anti-trans et anti-LGBTQ+ relayée par des voix influentes. Le poste exigera du courage, de la compassion et un engagement indéfectible envers la communauté, dans la continuité du mandat pionnier de Nancy Kelley à la tête de Stonewall.

Qu'en pensez-vous ?
À propos de l'auteur

The Pink Times

author.admin.bio

Plus d'articles →