Lors d’une récente visite au siège des Nations unies à New York, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a exprimé son mécontentement concernant la présence de ce qu’il a qualifié de « couleurs LGBT » à l’Assemblée générale de l’ONU. Cependant, ces décorations éclatantes ne visaient pas à symboliser la communauté LGBTQ+ ; elles faisaient plutôt partie de la promotion des Objectifs de développement durable (ODD), une initiative mondiale visant à lutter contre la faim, la pauvreté et le changement climatique d’ici 2030.

Erdoğan a fait part de ses préoccupations, déclarant : « L’une des questions qui me dérange le plus… est que, lorsqu’on entre dans l’Assemblée générale des Nations unies, on voit les couleurs LGBT sur les marches et dans d’autres endroits. Combien y a-t-il de LGBT dans le monde en ce moment ? Autant ils ont de droits sur ces marches, autant ceux qui sont contre les LGBT en ont aussi. »

Les droits LGBTQ+ en Turquie dans un contexte d’inquiétudes croissantes

L’homosexualité reste techniquement légale en Turquie, mais des personnes LGBTQ+ ont été harcelées par les forces de l’ordre sous couvert de lois interdisant « l’exhibitionnisme public » et les « atteintes à la moralité publique ». Sous la direction d’Erdoğan, le gouvernement turc a de plus en plus manifesté des tendances autoritaires et une attitude hostile envers les droits LGBTQ+, avec des cas tels que l’usage de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour disperser la marche annuelle de la Pride d’Istanbul.

En outre, la Turquie a collaboré avec l’application de partage de vidéos TikTok afin de restreindre les contenus LGBTQ+ et d’autres contenus politiques dans le pays. Les règles de censure de TikTok comprenaient une section spécifique consacrée à la censure des représentations de l’homosexualité, au-delà des exigences légales.

Actions controversées sous le règne d’Erdoğan

L’administration Erdoğan a été critiquée pour ses actions controversées liées aux droits LGBTQ+. En 2021, la Turquie s’est retirée de la Convention d’Istanbul, un accord entre 45 pays visant à renforcer la protection des femmes contre la violence. Erdoğan a affirmé que la convention avait été « détournée » par des groupes promouvant l’homosexualité.

Par ailleurs, Erdoğan a publiquement soutenu le chef de la Direction des affaires religieuses du gouvernement turc, Ali Erbas, qui a qualifié l’homosexualité de « mal » et a affirmé qu’elle « apporte des maladies et corrompt les générations » en avril 2020.

Au cours des premières phases de la pandémie de COVID-19, le gouvernement turc a même ordonné aux écoles de cesser d’afficher aux fenêtres des dessins d’enfants représentant des arcs-en-ciel, alléguant qu’il s’agissait d’une conspiration internationale visant à « rendre les enfants gays ». Ces actions reflètent les défis croissants auxquels la communauté LGBTQ+ est confrontée en Turquie sous la direction du président Erdoğan.

Alors que la Turquie est aux prises avec ces enjeux, les préoccupations concernant les droits LGBTQ+ et la discrimination restent au premier plan du discours international sur les droits humains.

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The Pink Times

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