En bref

  • La tribune affirme que deux récentes rencontres mortelles avec l’ICE devraient déclencher une prise de conscience nationale.
  • Elle relie l’application des lois sur l’immigration à des systèmes de surveillance plus larges et à des pratiques de partage de données.
  • Le texte soutient que les personnes LGBTQ, les personnes cherchant à avorter, les manifestants et les journalistes sont confrontés à des risques liés à l’expansion du pouvoir de l’État.

Un autre affrontement mortel impliquant des agents fédéraux de l’immigration aux États-Unis a ravivé l’examen de la manière dont la force est employée dans l’application des lois sur l’immigration.

Dans le Maine, un homme colombien de 26 ans, qui aurait eu une autorisation de travail et une jeune famille, se rendait au travail lorsqu’il a rencontré des agents fédéraux et a été mortellement abattu. L’incident est survenu quelques jours seulement après que Lorenzo Salgado-Araujo a été mortellement abattu par un agent de l’ICE à Houston.

« Nous n’avons pas traversé la frontière, c’est la frontière qui nous a traversés », écrit Josh Ackley, affirmant que cette formule capture une contradiction plus profonde dans la manière dont les États-Unis parlent de l’immigration et de l’appartenance.

Ackley soutient que, quelles que soient les conclusions finales des enquêteurs au sujet de la fusillade du Maine, les deux décès survenus à quelques jours d’intervalle devraient provoquer un examen national de l’usage de la force létale dans l’application des lois sur l’immigration. Il note qu’au moins 21 personnes sont déjà mortes cette année en détention de l’ICE.

Il renvoie aussi au cas de Renee Nicole Good, tuée plus tôt cette année par un agent fédéral de l’immigration. Selon l’essai, l’agent qui l’a abattue demeure employé par l’ICE et aurait été réaffecté plutôt que démis de ses fonctions.

Le texte présente ces décès comme faisant partie d’une expansion plus large de la surveillance et de la collecte de données aux États-Unis. Ackley cite les bases de données sur l’immigration, les systèmes de reconnaissance faciale, les lecteurs de plaques d’immatriculation, les courtiers en données commerciales, les dossiers biométriques, la surveillance des réseaux sociaux, l’intelligence artificielle et les accords croissants de partage de données entre agences.

Il dit que cette tendance dépasse le cadre de l’immigration. L’essai cite les enquêtes liées à l’avortement après la décision Dobbs de la Cour suprême, ainsi que les États qui compilent des informations sur les résidents transgenres au moyen d’exigences de déclaration des soins de santé et de modifications des documents d’identité.

Ackley soutient que les journalistes, les médecins, les bibliothécaires, les organisations à but non lucratif et les groupes de la société civile évoluent désormais dans un environnement où des informations autrefois considérées comme privées peuvent être utilisées contre eux. Il dit que la question centrale n’est plus de savoir si la surveillance existe, mais à quel point elle sera largement appliquée.

« C’est désormais un État de surveillance », écrit-il.

L’essai appelle également à la solidarité entre des communautés qui ont souvent été traitées comme des cibles distinctes de la surveillance gouvernementale, notamment les immigrants, les Américains transgenres, les personnes en quête d’avortement, les manifestants et les journalistes. Ackley affirme que l’infrastructure utilisée pour suivre les immigrants repose sur de nombreuses hypothèses qui facilitent aussi l’enquête sur les personnes cherchant à avorter, le catalogage des personnes transgenres et la surveillance de l’activisme politique.

Dans sa section finale, le texte dit que l’Amérique a perdu son humanité et décrit les réactions en ligne aux décès liés à l’ICE comme la preuve d’une déshumanisation croissante. Il soutient que le pays démantèle le rêve américain et le remplace par des centres de détention, des réseaux de surveillance et des familles laissées à se demander comment un avenir promis s’est terminé dans la violence.

Josh Ackley est présenté dans l’essai comme stratège politique et chanteur du groupe queerpunk The Dead Betties.

Pourquoi l’essai est important

Bien que l’article relève de l’opinion, il relie l’application des lois sur l’immigration à des préoccupations plus larges concernant le pouvoir de l’État et la collecte de données, qui ont été au cœur de nombreux débats sur les droits civiques, notamment les droits trans et la liberté reproductive. L’argument est que, dès lors que les systèmes de surveillance s’étendent, les communautés risquent moins de subir des pressions isolées que des formes de contrôle qui se chevauchent.

Pour les communautés LGBTQ, la pertinence de ce texte tient à son avertissement selon lequel des systèmes de données utilisés dans un domaine peuvent être réaffectés à d’autres, notamment les soins de santé transgenres et la surveillance des manifestations. L’essai présente cela comme une raison de solidarité entre mouvements plutôt que de réponses limitées à un seul enjeu.

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À propos de l'auteur

Alexander Rivera

Alex Rivera, journaliste politique chevronné, apporte plus de dix ans d'expérience dans la couverture de la politique américaine. Diplômé de la Columbia University's Journalism School, Alex est reconnu pour ses analyses…

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